biographie
Raymonde Duchesne est née au Lac St-Jean en 1945, autodidacte, elle peint depuis 1975. Depuis 1979,  les expositions se succèdent dans les principales villes du Québec et du Canada , ce qui lui assure une présence continue dans le milieu artistique.
Quotidien croqué sur le vif du silence, de ses huiles émanent un sentiment d’éternité ,  un temps unique propre à l’artiste. Une horloge interne imaginaire donne à l’œuvre de Raymonde Duchesne  un calme absolu, une tranquille sérénité. Un univers qui s’acquiert et s’apprivoise avec une douceur silencieuse.

"Tous sont nés dans l’œil du peintre, surgis un jour de son imaginaire et de sa mémoire . Hommes et  femmes , mères et enfants , sans réelle appartenance au temps présent dans leurs habits démodés , sans autres réels visages que ceux que l’on veut bien leur donner. Immobiles, sereins et parfois farouches, combien sont-ils à épier la moindre impulsion du monde extérieur , à s’en détourner peut-être ? Ingénus et timides, combien sont-ils  à nous interpeller depuis leur monde de secrets silences ?

Depuis 30 ans , Raymonde Duchesne invente les « siens » , leur dédiant au quotidien un  regard amoureux  fleurant la candeur et la nostalgie. À travers moult gestes de tendresse, d’attente ,  d’abandon et de rêverie elle a mis en peinture son propre parcours de vie jalonné de peines et de bonheurs, petits et grands. Tel est son œuvre …Précieuse chronologie en images et en textes, comme autant d’étapes franchies, ce premier livre d’artiste se regarde comme un album de famille, une famille gravitant autour de l’image de la mère, de toutes les mères, la sienne en particulier.

Au fil des pages s’égrènent ainsi les scènes du genres qui , dans la manière et dans l’esprit , prolongent l’héritage «  des natures mortes humaines »  de Modigliani , des perspectives rabattues de Matisse ou, encore,  des portraits énigmatiques de Lemieux . Mais , sous cette figuration toute simple imprégnée d’une douce naïveté , chaque tableau transporte l’anecdote en un lieu d’émotions .A bien y regarder , la vie s’écoule , va s’intensifiant . Les personnages emmitoufflés et statiques du début, le plus souvent isolés et confinés , s’émancipent peu à peu . Leur présence , un temps désincarné , se précise au fur et à mesure que s’installe entre eux la connivence . Leurs formes s’arrondissent, se  sensualisent  et s’éclairent au contact des extérieurs de couleurs et de fleurs de plus en plus fréquents . Lettres froissées, oiseaux en cage, poupées, etc… font office de symboles à interpréter .

Nicole Allard
Historienne de l’art